Xoki & Hieronymus - Technicolor [ECd-SP06 / ZeECc, ‎2012 ]

jeudi 10 avril 2014



Om
Quand je ne sais plus trop quoi écouter comme musique, tout en cherchant encore quelque chose qui pulse doucement pour continuer de travailler en rythme, qui soit bien mental dans le sens où mon mental se vide par excès d'hypnotique, mais autorisant ce que je fais sans l'encombrer du son que j'écoute, je retombe invariablement sur du (bon) Dub Techno.
Mais attention, pas la version Dub Techno qui lorgne trop sur l'ambient, trop cotonneuse et lénifiante et souvent ennuyeuse par répétition d'une formule sans âme. J'aime revenir à la source même du genre, celle née sous la férule de Basic Channel, à Berlin, dans les années 90. Outre que je peux pour m'assouvir toujours piocher fébrilement dans ma collection de Rod Modell (Deepchord), l'excellentissime Pape du genre, qui l'a néanmoins digéré et se l'est approprié magistralement, j'ai quelques bonne pioches qui sont plus proches encore du son original que j'aime tant!

A savoir, quand il y a DUB + TECHNO, que le Dub soit dénué (de trop) d'influence rasta et que la Techno soit bien représentée par son beat. Bref, le Dub Techno blanc, berlinois, urbain, voir industriel et d'une certaine façon profondément puissant et artistiquement encore novateur par son abstraction sonique. 

Sorti du stock limité des disques de l'époque, il est dur de trouver des perles modernes poursuivant fidèlement l'esprit de l'époque, notamment celui des M series...
Mais la loi d'attraction fait que ce que l'on désire et aime vienne à nous… Et parmi d'autres à prochainement poster, voici un disque qui ravit à chaque fois mes oreilles. Me donnant
systématiquement l'impression de cette ambiance de club berlinois enfumé et massif par ses assourdissantes grosses basses 'n' kicks…

Xoki et Hieronymus - technicolor est cet ersatz de Graal qui résume les lignes d'avant, ayant pour cet album, encapsulé l'Esprit Basic Channel/Maurizo dans un CD. 
Sur le (disparu?) génial label français ZeECc en 2012, voila de quoi ravir ceux qui en veulent encore…

1 A Town In Kolor 6:35
2 Golden Dragon 7:44
3 Lion Den 7:28
4 Stray Dog 6:35
5 Sleepwalker 6:27
6 Kula 7:58
7 Smugglers Dub 6:41
8 Shuriken 8:09
9 Fake Goods 6:56


the Green Kingdom - Dustloops: Memory Fragments [SEM 019 / SEM Label 2013]

jeudi 2 janvier 2014


 
Om

Je ne suis ni fan du netlabel français SEM et de sa musique, ni même de the Green Kingdom dont l'electronica un peu glitch me laisse plutôt froid, voir m'ennuie. Mais quelle surprise que ce dernier album teinté d'intelligent Dub Techno. Un beat tout feutré (parfois) en arrière plan, sur le son classieux et subtil de l'artiste, qui développe sa vision musicale depuis déjà de longues années. Quelques élans mystiques qui percent au détour d'un track, une interlude acoustique, des voix Burialesques… Et d'un seul coup, je trouve que la synthèse vient de prendre un tour magistralement intéressant! Ca ferait presque penser à Mind over Midi, l'excellent et tout aussi subtil artiste norvégien, mais quand il n'est pas perdu sur la banquise d'un son spectral étiré dans les brûmes de l'extrême nord.

Ici, l'album de the Green Kingdom me fait plutôt penser à la délicate vibration du printemps qui éclôt. Rien de pétillant non plus au point d'entendre le gazouilli d'un rossignol, mais l'impression d'une légère chaleur qui infuse cette belle ambiance d'un soir de Mai encore légèrement frais… 
Vraiment un bel album de maturité si je devais pécher par un cliché… et une des perles achetée cette année passée.


    1.    dust_rds        3:48
    2.    green being        5:03
    3.    Rustloop        1:38
    4.    On Golden Swamp        3:19
    5.    Seebreeze        3:00
    6.    Undrwtr        4:51
    7.    Film Day        2:20
    8.    ambin5        5:47
    9.    dustloop4        3:43
    10.   ban_she        5:34
    11.  dustloop2        2:19
    12.  Night Clatter    5:16
    13.  Herrloop        2:11 

 the Green Kingdom - Dustloops: Memory Fragments [SEM 019 / SEM Label 2013]
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Susumu Yokota ‎– Symbol [lcd45 / Lo Recordings 2005]

mardi 17 décembre 2013


 L'artisan infatigable Susumu Yokoa sortait en 2005 un concept album plutôt couillu. Le genre de projet que lui seul pouvait mener jusqu'à son terme en prenant soin d'y apposer l'étiquette chef d'œuvre au dos.

Voici le projet : Symbol
Objectif : sampler les grandes œuvres classiques pour les intégrer dans des compositions ambient
Matière première : Debussy, Ravel, Tchaikovsky, Cage...

Les douces envolées de violons et de pianos sont habillement intégrées dans des textures ambient cristallines. Les rythmes électroniques se font discrets et donnent une lecture totalement différente des morceaux originaux.
Les réinterprétations sont franchement bluffantes, ya pas à dire le japonnais à une imagination débordante !

Le soin particulier apporté au mixage/mastering rend la musique très vivante, on se croirait au milieu d'un orchestre philharmonique, c'est très prenant.
Mention spécial à Traveler in Wonderland, l'exemple parfait du talent de composition de Yokota. La spatialisation et la largeur de la palette de sons est remarquable. Sans dénaturer le sample original il réinvente la musique et compose un morceau épique très cinématographique.


Les textures ambient sont irréelles, souvent couplées à des samples de voix magnifiques, quand les violons entrent en scène c'est juste majestueux ( Long Long Silk Bridge / Music From The Lake Surface).

En fait c'est tellement bien fait qu'on finit par penser qu'il a tout composé, il incorpore comme à son habitude des éléments médiévaux et orientaux. Tout ces éléments du passé sont vraiment mystérieux. Yokota aurait-il déterré d'un temple secret des partitions bizarres et hybrides venues d'un autre temps...

Un disque court, remplit d'idées en tout genre, ça plaira pas à tout le monde, moi je trouve ça super bien vu et plutôt osé. L'essai est transformé haut la main.




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Susumu Yokota ‎– Symbol [lcd45 / Lo Recordings 2005]
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Nightmares On Wax Boiler Room DJ Set

dimanche 10 novembre 2013

Nightmares On Wax vient de sortir son nouvel album, Feelin Good, c'est toujours très chill-out et super bien produit. Dommage qu'il n'ait pas prit plus de risques mais quand c'est bon ya pas de raison de changer.

Bref, notre gars à fait un DJ Set dans la fameuse Boiler Room exactement dans l'esprit de l'album (il y a dissimulé quelques morceaux de l'album). Il pioche dans sa collection des pépites au groove imparable, pour ma part je ne connaissais que quelques morceaux, le reste m'a tué sur place. Il mixe le tout en gardant cette atmosphère chaude et enfumée typique de ses albums studio.

NOW a toujours mixé, plus qu'un musicien de studio, c'est un véritable Dj, depuis près de 25 ans ! Cette expérience il s'en sert avec intelligence, il a un talent fou quand il s'agit de construire un mix cohérent qui garde un état d'esprit de totale liberté de bout en bout. Sa sélection est parfaite !

Un mix chill-out absolument ébouriffant qui touche à la perfection, c'est là qu'on peut vraiment parler de l'art du mixage. La tracklist est extravagante et d'un éclectisme remarquable, j'achèterais les yeux fermés tout les morceaux mixés ici si seulement je pouvais trouver la tracklist sur le web...



Nightmares On Wax Boiler Room DJ Set (320 kbps)

Kettel & Secede ‎- When Can [SO 013 / Sending Orbs 2012]

jeudi 10 octobre 2013


La collaboration entre Kettel et Secede est tout sauf surprenante, les amateurs d'idm se réjouissent toujours de voir des collabs fraternelles de ce genre.

Les deux cracks de l'idm/ambient sont donc réunies sur cet album, When Can.

Je vais pas y allez pas quatre chemins, When Can est donc sans surprise une orgie de mélodie suaves, d'atmosphères singulières et de bleeps en tout genre débordant d'amour. Un album d''ambient plus qu'idm, total et sans limite, qui met un point d'honneur à nous faire rêver sur des mélodies omniprésentes.

L'ambiance générale est plutôt atypique, entre orfèvrerie romanesque (violons et grandes envolées lyriques) et délires digitaux planants. Tout est très organique, l'acoustique est ici intiment attaché au numérique. Kettel et Secede connaissent leur sujet et sont capables de toutes les sonorités, tant mieux pour nous.

L'univers sonore créé par le duo est franchement étonnant, ils ont choisi d'utiliser des sons surprenants qui donnent cette impression de voyage dans le temps et l'espace. Le moyen âge, l'orient, la nature, l'enfance... tout un tas de références nous projettent mentalement dans un monde bizarre et terriblement attirant.

La complexité des tableaux créés passe quasi inaperçue grâce au travail hors du commun qui a été fait sur les mélodies. Elles sont le point central du disque, sensibles et amples à la fois. C'est l'arbre qui cache la forêt, il suffit de tendre l'oreille plus attentivement pour découvrir tout les détails des arrangements, c'est intelligent et superbement bien vu.

Résolument ambient, When Can est un album calme et reposant. Certains trouverons la simplicité des mélodies un peu trop bon enfant, un Disney sous acide, d'autres un voyage hypnotique à la Kubrick où chaque écoute dévoile une nouvelle facette de l'œuvre.



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Kettel & Secede ‎- When Can [SO 013 / Sending Orbs 2012]
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Puracane ‎- Things You Should Leave Alone [URCD 054 / Ubiquity 2000]

mardi 8 octobre 2013


Puracane sort Things You Should Leave Alone en 2000, l'album est remarqué à sa sortie mais sans plus. La faute aux bacs des disquaires débordant d'albums estampillés trip-hop à cette époque.

Et pourtant, Puracane emploie avec brio tout les codes du trip-hop, mêlant une production haut de gamme aux accents underground et cette touche pop qui fait mouche sur chaque mélodie.

David Biegel est le maitre d'œuvre, il élabore avec originalité des beats efficaces et des atmosphères variées. Le guitares, violons et synthés sont de sortie, rien d'extravagant dans les arrangements, tout est en place et tombe dans le mille. La production est taillée au cordeau !

Dans cet album hautement symbolique du trip-hop made in 90's, vous trouverez de la pop enjouée (Not Today, 100 of me), des passages sombres et dépressifs communément appelé spleen' particulièrement réussit (I Need To Leave) et aussi des excursions alternatives mêlant drum n bass, jazz et downtempo.

La voie d'Ali Rogers est juste sublime, entre Portishead et Bjork, une voix faite pour ce genre de prod quoi.

Things You Should Leave Alone est un disque pot pourri qui réuni tout ce que le trip-hop avait de bon dans les 90's, des mélodies efficaces, des sonorités de tout horizons mixées avec audaces et des rythmiques autrement plus jouissives que les fadasses playlists de la bande fm.

Facile d'écoute et débordant d'énergie, une nostalgie intense et bienveillante vous envahira à coup sûr.


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Puracane ‎- Things You Should Leave Alone [URCD 054 / Ubiquity 2000]
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Phenomyna ‎– Unexplained [ART 5CD / ART 1994]

mardi 17 septembre 2013


Steve Pickton alias Phenomyna a produit un bon paquet de disques dans les 90’s sous divers pseudos, dont la plupart sont devenus des classiques.

Il fait partit de cette école anglaise qui faisait évoluer la Detroit Techno vers des sphères plus expérimentales et mélodique.

Ici tout est analogique, cette techno là sonne indéniablement comme celle de Detroit.
Comme The Black Dog avant lui, Steve Pickton s’est réapproprié cette énergie quasi mystique de la Motor City pour la transformer en une épopée spatiale et temporelle de haute volée. Les nappes d’ambient côtoient les beats chatoyants. Les explorations rythmiques sont innovantes et la recherche sonore est partout. Une musique remplie de détails et de variations qui expérimente les textures.

Le parallèle avec le son des Black Dog voir de LFO est frappant, Phenomyna explore encore plus la veine ambient/idm et offre des passages oniriques vraiment sublimes.

Quel plaisir d’écouter ce genre de disque, chaque morceau est passionnant, la découverte de tout ces sons est captivante.




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Phenomyna ‎– Unexplained [ART 5CD / ART 1994]
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YO3 ‎– Bitter Sweet [GPRCD05 / GPR 1994]

samedi 8 juin 2013


 Bitter Sweet est un album confidentiel, une rareté que je cherchais depuis des années, juste pour le défit ^^

Derrière YO3 ce cache Beaumont Hannant, acteur légendaire de l'idm du début des 90's, aujourd'hui retourné dans l'anonymat. J'ai donc retrouvé sa trace dans les méandres du deep web, c'est vraiment un truc incroyable de déterrer un album sortit dans le quasi anonymat il y a 20 ans. Autant vous le dire j'étais plus que fébrile quand j'ai lancé la lecture la première fois (^_^).

Bitter Sweet n'est sans doute pas son meilleur album, mais restera un graal convoité par les collectionneurs du gars.

On y retrouve sa pate : des nappes, des bleeps, et un beat techno. Cependant il varie bien plus les genres, un coup il balance une techno/rave made in 90's (YO303) et le track suivant il revisite les rythmiques et mélodies initiées par LFO (Aqute).

Le titre éponyme, Bitter Sweet est vraiment cool, il insert une guitare dans ce track entre pop expérimentale et IDM mélodique à la Texturology. Le genre de morceau qu'il a produit avec Lida Husik et qu'il exploitera encore plus par la suite sous un autre pseudo, Outcast (promis je vous le posterais aussi d'ici peu).

Je retiendrais aussi Aberoo, une ballade ambient, qui là encore rappelle fortement Texturology. Un jeu de nappes superbes qui mise tout sur les harmonies créés par ces notes qui s'enroulent les unes sur les autres. Un des meilleurs morceaux de Beaumont !

Bitter Sweet s'avère plutôt inconstant, Beaumont Hannant semble chercher une direction, il essaie des choses, certains passages sont excellents et superbement produits, tandis que d'autres sont hésitants et dispensables. Un disque pour les collectionneurs donc. 




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YO3 ‎– Bitter Sweet [GPRCD05 / GPR 1994]

Futur Beat Alliance - Disconneted [21dsr/fba-cd1 / Delsin 2001]

jeudi 16 mai 2013





                                                                     Om
A mon avis, une pépite de son Techno US/Détroit tendance Planet E & Co. L'album est véritablement représentatif de cette belle veine synthétique et innovatrice que les artistes américains ont pu générer alors. De quelques atours abstract/néo-jazz à des contours plus technoïd-moody voir électronica, Matthew Puffett composa un album qui reste vraiment une référence dans le genre, malheureusement trop méconnue. Mon coup de cœur va pour le track 4 "Almost Human" pour sa beauté digitale et mélancolique. Comme une lettre d'amour écrite par un cyborg à son âme sœur perdue dans un océan de bits...
J'aime tellement que je l'ai mis en FLAC. Enjoy
    1.    Numerical Noise    5:48
    2.    Sweet    5:02
    3.    Highs and Lows    5:34
    4.    Almost Human    5:08
    5.    Void    5:51
    6.    Back Stroke    5:37
    7.    Until Tomorrow    6:51
    8.    Launch and Travel    6:32
    9.    Audio Photo    6:08
    10.    Cyberactive    5:37

Futur Beat Alliance - Disconneted [21dsr/fba-cd1 / Delsin 2001]