26.12.09 7 commentaires

2009 : la sélection d'IDM BN

2009 touche à sa fin, il est temps faire le bilan des sorties qui nous ont marqué. Cette année à été particulièrement chargée, beaucoup de découvertes, des confirmations et des têtes d'affiche en grande forme.

Chacun des auteurs du blog y est donc allez de sa petite sélection. Certains albums sortent du lot et semble avoir fait l'unanimité alors que d'autres sont sortis plus discrètement.

The Slicker :


Gottlob :


The Shore Lark :


Eboo :



A vous de nous donner votre trop 10 !
25.12.09 0 commentaires

Bvdub - We Were The Sun [QUIETUS 006 / Quietus Recordings Sep 2009]


Il fallait attendre la sortie d'un autre bijou de la musique électronique transcendantale que propose notre hollandais pour que je refasse surface parmi le monde des chroniqueurs. Pour faire gros, le nouvel opus s'intitule "We Were The Sun", un cocktail d'émotions qui nous plonge dans une fraîcheur troublante "à la Bvdub".

L'album s'ouvre sur It Mattered Once qui impose tout de suite le nouveau style choisis pour cet album. En effet, on ressent l'envie de toujours plus de "deepness" par l'artiste, une profondeur parfois pas à portée d'oreilles qui nécessite des conditions particulières d'écoute ; installez vous confortablement dans un fauteuil ou canapé avec une lumière tamisée, seul, casque sur les oreilles et contentez vous simplement de contempler la magnifique pochette du 5 titres et de vous laisser aller au bruit des vagues. Vous comprendrez enfin votre "douleur", lorsque les chants des sirènes se joindront à vous et vous envoûteront au point que vous aurez envie de les rejoindre dans cette immensité de bleu...

L'album continue, les tracks s'enchaînent au rythme des vagues crées par les machines de Bv, et nous emmènent au large jusqu'à une certaine track 4 s'intitulant "Time Will Tell". Là encore, on brasse des émotions telles que tristesse, regret et espoir [classiques chez notre ami], mais avec une fraîcheur exaltante ; sonorités qui nous font à la fois replonger dans le passé et qui, en même temps, nous projettent dans l'avenir. L'artiste joue avec le temps. Un réel tourbillon de sensations dans cet océan artificiel et électronique où l'on ressort forcément étourdi. Le tout est embelli par le choix décalé de l'artiste de rajouter des cordes dans sa track, ce qui accentue davantage le côté émotif.

En résumé, un album bien plus pur et amorti que certains autres de Brock. Album purement ambient, d'où l'absence totale de beats, agrémenté de chants envoûtants et de cordes comme on a pu déjà l'entendre sur le précédent opus "White Clouds Drift On & On" (nouvelle tendance 2009) et constitué sur une progression sonore bien particulière qui nous fait plonger dans un véritable mystère, le monde de Bv. Un moment intense à savourer avec parcimonie et qui nous fait presque s'oublier soi-même - "Lest You Forget"...

Une année 2009 bien réussie pour Bvdub je dirai musicalement parlant, en espérant que 2010 lui soi également prospère ! (Et pourquoi pas un nouveau release deep techno pour bien commencer l'année ? :) )

Bvdub - Time Will Tell


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Bvdub - We Were The Sun [QUIETUS 006 / Quietus Recordings Sep 2009 ]
21.12.09 2 commentaires

Quinoline Yellow - Colour Index 47005 [uchel0047005 / Uchelfa 2006]



Quinoline Yellow
n'est pas né de la dernière pluie, là où beaucoup s'essaie à des expérimentations plus 'acoustiques', lui se tourne avec conviction vers des soundscapes entièrement électroniques faisant la part belle aux mélodies. Ça vous rappel quelqu'un ? Bola peut être...

On pourrait se dire "pfff encore une musique digitale sans âme ni originalité", et bien on aurait tort. Comme Bola, Quinoline Yellow manie les sons avec une habileté hors du commun, on ne peut qu' être enthousiaste à l'écoute des ses mélodies amples et généreuses jonglant sur des textures ultra travaillées.
Chaque son remplis l'espace et s'immisce dans votre esprit. L'impression de clareté est plutôt intrigante au début puis on se laisse porter par la musique, appréciant les tours de passe passe du chef d'orchestre.

Certe cet Ep aurait pu sortir sur Rephlex 10 ans plus tôt, mais qu'importe, la qualité des arrangements et les sons "twiniens" sont un tel kiff...
C'est comme goûter aux petits pots de votre enfance, le goût vous revient, vous vous remémorez instantanément les orgies Bledina d'antan...

Quinoline Yellow -Powys Quoits


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Quinoline Yellow - Colour Index 47005 [uchel0047005 / Uchelfa 2006]
8.12.09 2 commentaires

Autechre - Confield [warpcd128 / Warp Records 2001]

Autechre fait partit de ses groupes dont la musique est toujours difficile à décrire tant elle s’écarte des domaines connus et usités. Bah oui c’est compliqué de décrire quelque chose que l’on ne connait pas, que l’on ne peut pas complètement appréhender.
Confield est encore un cran au dessus, sur cet album là Autechre à tout réinventé, vous n’avez donc plus aucun repère sur lequel vous reposer.


Perso à l’écoute de cet album je suis toujours aussi incrédule, comment ont-ils fait pour créer de tels sons ? Et surtout comment ce fait-il que Confield presque 10 ans après sa sortie, n’ai toujours pas été percé à jour, cette musique sera-telle un jour vraiment comprise ?
Bref à l’écoute de cet album beaucoup de questions m’ont submergé, mais je retiendrais surtout l’incroyable expérience sonore vécue (on est quasiment dans la science là).

Tout commence avec
VI Scose Poise, pièce abstraite plutôt Ambient sur laquelle on entend ce que je décrirais comme des billes métalliques qui roulent et rebondissent sur un sol dur et gelé qui finit par fondre à force de frottements multiples et aléatoires. Laissant place à de minces flaques délicates et glaciales.
L’écoute se durcie sur
Cfern avec sa rythmique bancale et rude. A peine on commence à s’y faire que les éléments changent de place, les mélodies glauques et noires finissent d’achever le tableau.

Pen Expers fait lui aussi la part belle aux beats déstructurés. Les machines jettent leurs bras désarticulés en avant, transperçant nos tympans à coup de griffes acérées et malsaines. Chose incroyable on finit par être totalement aspiré dans ce KO et la matière sonore en devient presque palpable !

L’ambiance apocalyptique qui règne sur cet album est profondément dérangeante, c’est comme être plié en deux dans son fauteuil en regardant un thriller sauf qu’ici l’image est sonore et pénètre plus profondément vos entrailles. Parhelic Triangle est donc un moment de grande terreur, les hurlements lancinants des machines vous garderont éveillé pendant des nuits. Vous pensiez être débarrassé des cauchemars de votre enfance…

Vous êtes déjà à bout de force et voilà qu’arrive
Bine, bande son irréelle qui vous montre l’envers du décor, les viscères noires et difformes des machines sont exposées au grand jour, les battements irréguliers sont rapides et pour le moins inquiétants.
Uviol
fait retomber un peu la tension omniprésente, mais attention les grondements sournois se font toujours entendre. La nuit est plus noire que jamais, les étoiles semblent s’éloignées d’ici, ou peut être est ce nous qui nous enfonçons toujours plus loin dans ce trou noir sans fin…

Finalement Lentic Catachresis nous délivre dans un dernier sursaut. Vous pouvez reprendre votre respiration et lâchez les accoudoirs du fauteuil.

PS
: éloignez les enfants le plus possible de la source sonore, si les choses tournent mal je ne pourrais en aucun cas être tenu pour responsable…

A lire également : la chronique de Gottlob qui lui non plus ne s'en est toujours pas remis.

Autechre - Parhelic Triangle



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Autechre - Confield [warpcd128 / Warp Records 2001]
7.12.09 0 commentaires

Plastikman - Sickness [12 NoMu 36 / NovaMute 1997]


Attention classique ! Plastikman est au sommet de sa forme sur cet EP court mais intense.

Sickness est un trip hypnotique poussé à son paroxysme, les drums vrillent et s'entrechoquent au gré des ondulations stridentes incontrôlables. Ce morceau est un modèle du genre qui ne vous laissera pas indemne. A l'écoute de cette techno sous acid ont comprend mieux le fanatisme exacerbé que beaucoup voue à Plastikman.

Panikattack est plus sombre, là encore la maitrise rythmique est la clef du morceau. Les infimes variations finissent par nous envahir complètement, on devient ultra réceptif au moindre claquement nous plongeant dans un état d'hypnose dont il est difficile de sortir.

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Plastikman - Sickness [12 NoMu 36 / NovaMute 1997]
2.12.09 0 commentaires

aAirial - A Ma Muse / Le Fil Du Temps [2009]


Tout ici est fait main, à ma première visite sur son myspace je me suis dit oula un bricoleur du dimanche qui tente un truc pseudo IDM…
Qu’elle ne fut pas ma surprise en entendant cette musique mélancolique et fragile faite de nappes douces et langoureuses et de clicks n cuts discret. La production est ultra soignée et n’a rien à envier aux grands noms qui ont ouvert la voie.

Le Fil du Temps et A Ma Muse sont sorties cette année, les deux albums sont dans la même veine et se complètent très bien.
Chacun des titres est une ballade planante et délicate, les mélodies sont d’une simplicité folle et rappellent Arovane voir Ae période Amber. On ne s’ennui pas une seconde, se laissant bercer par ces vagues glaciales d’une profondeur incroyable.

La minutie des arrangements est remarquable, derrière une apparente fluidité se cache un travail d’orfèvre tant dans la texture des sons que dans la structure des morceaux.

L’approche minimaliste ne retenant que l’essentiel pour mieux toucher l’auditeur m’a fait penser à Pleq qui récemment à surpris tout le monde en réinventant une nouvelle forme d’IDM.

Cette musique qui semble venir des glaciers arctiques, on la doit à un jeune français discret dont je me demande encore quel label refuserait de signer.

aAirial - Useless Tune [Le Fil Du Temps]


aAirial - Indicible [A Ma Muse]


Myspace

aAirial - A Ma Muse [2009]
aAirial - Le Fil Du Temps [2009]
26.11.09 5 commentaires

Various - Dream Injection Vol 1 [SPV 089-38382 / Sub Terranean 1995]

Cette compilation, première d’une série de six, est une variante des fameuses Artificial Intelligence. Comme ses illustres consœurs, cette compile réunie les meilleurs artistes défricheurs d’un nouveau genre, l’Ambient Techno aussi appelé IDM.
La sélection fait saliver, on retrouve Autechre, FSOL, Biosphere, Atom Heart, AFX, Mu-Ziq, Speedy J, Beaumont Hannant, Juno Reactor, FUSE...

Autant dire que sur ces deux CDs rien est à jeter, on se laisse porter par ces vagues hypnotiques qui nous emportent loin très loin.
La sélection fait la part belle aux expérimentations en tout genre, au menu : une techno planante et psychotique, des passages d’ambient dignes de la science fiction, sans parler des ses mélanges totalement débridés qui réunissent tout ce qui à été cité auparavant.

La qualité de cette compile est sans pareil, je vous la conseil si vous êtes amateur d’IDM old school et de techno hypnotique.


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Various - Dream Injection Vol 1 [SPV 089-38382 / Sub Terranean 1995] [Part 1]
Various - Dream Injection Vol 1 [SPV 089-38382 / Sub Terranean 1995] [Part 2]
22.11.09 2 commentaires

The Martian - Ghostdancer [RP-6 / Red Planet 1995]

The Martian à grandement contribué à la légende de Detroit via ses eps sorties sur le fameux label Red Planet, entité étroitement liée à Underground Resistance. En effet les rumeurs ont courues et courent toujours que derrière The Martian se cache Mad Mike père fondateur d’UR. En réalité The Martian est avant tout un groupe de producteurs à géométrie variable dans laquelle Mad Mike semble être omniprésent.

Sont donc passés derrière les manettes Drexciya, Eddie Fowlkes, Ghost Dancer, Octave One et sur cet EP James Pennington (aka The Suburban Knight).


Ghostdancer fait sans aucun doute partie des meilleures galettes sorties des bas fonds de l’underground de Detroit. Sur Starchild ou Ghostdancer la techno est ample et généreuse, le son analogique est à son apogée, ou quand les machines recréés le funk de George Clinton.
On ne manquera pas non plus la techno crépusculaire et deep de The Vanishing Race. Martian Probes over Montana est plus dark et brut de décoffrage tout comme The Talking Rocks of Mars, sauvage et rude à souhait.

Aux côtés de Mad Mike on retrouve donc The Suburban Knight sur le dernier morceau, Windwalker. Un chef d’œuvre sur lequel les synthés n’ont jamais autant transpirés, presque hors du temps. Ce morceau transfigure les genres démontrant s’il en est encore besoin que la techno est plus que jamais vivante et universelle, comme le sont le jazz ou la soul qui ont tant marqué l’histoire de la motor city.

The Martian - Starchild


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(Submerge à eux quelques problèmes financiers ses derniers temps mais continue de proposer les vinyles qui sont pourtant un gouffre financier alors soutenez les en achetant les fameuses galettes !)

The Martian - Ghostdancer [RP-6 / Red Planet 1995]
19.11.09 1 commentaires

Thomas Köner - La Barca [fario cd 09 / Fario 2009]

Le patriarche de la grande famille des mélopées dépressives, la Drone, revient avec son nouvel album. J'ai nommé Thomas Köner.

Pour ce nouvel album sorti sans crier gare. Le teuton nous traine dans son univers si spécial.
Il nous avait laissé au milieu des grandes étendues glacées du Groenland.
Je m'attendais à retrouver ses moments de solitudes qui lui sont caractéristiques.
Au contraire cet album se démarque de ses prédécesseurs par son ambiance glauque, malsaine et oppressante.
L'utilisation de samples, principalement de voix d'origines différentes et indéterminées rend l'atmosphère étrange comme une longue descente aux enfers. Ce sentiment est d'autant plus fort que l'auditeur est comme spectateur de tous ces événements.

Köner exhibe à l'auditeur ébahi et quelque peu apeuré un monde dont il n'avait pas supposé l'existence. Un monde enfoui en chacun de nous, après sa topographie sonore, il s'essaie à la psychanalyse auditive.
L'Homme ne nait pas mauvais, il le devient.

Notre cerveau est une éponge, Thomas Köner se charge de la presser pour en faire sortir toute la noirceur. On est submergé par cette curiosité malsaine qui nous pousse à explorer ces hallucinations auditives sorties tout droit de notre inconscient.

Thomas Köner - 28° 41' N 17° 45' W (Hour Four)


Thomas Köner - La Barca [fario cd 09 / Fario 2009]
17.11.09 0 commentaires

Negghead - Scrambled Negg [WAXCD006 / Wax On Records 2009]

Ce n’est pas un hasard si Scrambled Negg sort sur le label Wax On Records. Propriété de George Evelyn (Nightmares On Wax), le label fut créé par ce dernier à la suite de son exile vers les plages enfumées d’Ibiza il y a quelques mois.

Negghead comme Evelyn, vient de Leeds, lui aussi s’est installé à Ibiza… lui aussi aime la soul, le jazz et le hip hop...

Inutile donc de préciser que l’album tombe à pic en se début d’hiver, il saura nous tenir chaud jusqu’au printemps prochain.

Le morceau d’ouverture, Philharmonic est juste parfais, sorte de ballade groovy improbable où la soul brulante côtoie les arrangements orchestraux puissants et aériens. Negghead attaque les choses sérieuses avec des titres comme Shifting Sands ou Life, qui balancent leur groove rond et funky sur des beats house/techno, la température monte d’un cran !

Pour ceux qui doutait encore que la house venait de la soul et du funk, il suffit d’écouter Super Skeleton ou You qui frisent la perfection allant encore plus loin dans le mélange des genres, dépassant peut être même le précurseur du genre à savoir le boss lui-même, N.O.W.

Maitrisé de bout en bout, s’il était sortit dans les 90’s il y aurait fort à parier qu’il serait devenu un classique aux côtés de Smokers Delight. Hélas aujourd’hui il est noyé dans toute cette soupe indigeste qui à plus le goût du dollar que de la passion…

Ce disque irradie de fraicheur et de bonne humeur. Le talent nous explose à la figure pour notre plus grand plaisir et le tout sans jamais une fausse note.
Régalez vous c’est ma tournée !

Negghead - Shifting Sands


Negghead - Being



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Negghead - Scrambled Negg [WAXCD006 / Wax On Records 2009]