29.7.09

Out Now : Redshape - 2010 EP [78dsr/rds4]

En guise de prélude à son premier album "The Dance Paradox" à venir cet automne, Redshape nous sert une mise en bouche de toute beauté histoire de nous préparer à ce qui s'annonce comme un des plus beaux objets musicaux de l'année. Alors pour ceux qui ne connaissent pas, le truc de Redshape ce n'est pas vraiment l'innovation, ne vous attendez pas à des sonorités sorties de nulle part ou à un travail d'alien sous stéroïdes comme sur le dernier Clark, non non, la recette de ses morceaux à été mille fois éprouvée, c'est de la Detroit techno pure et dure, avec claviers d'époque, rythmes de 909 et nappes analogiques bien crades.

Ici trois morceaux, et en guise d'éclaireur "2010" se réserve la face A : de la bonne techno percussive, à la fois douce pour mieux tabasser par derrière, à grands renforts de ligne de basse acido-funky et d'un sympathique pad dissonnant. Je serais sincère c'est pas mon morceau préféré de l'EP, mais il faut avouer qu'il remplit son office, une ouverture solide et une construction dure comme les fondations du Taj Mahal. Du bon gros son en d'autres termes, mais un petit sentiment de je-ne-sais-quoi qui fait qu'on reste un peu sur notre faim, tel un exercice de style, mais sans la sève. Dommage car il y a quelque chose mais l'impression finale reste mitigée. Trèves de balivernes, retournons la galette.

Face B, "White" est plus ténu mais se révèle être la véritable bonne surprise du disque et un morceau plus qu'excellent : dès l'opening on est accueilli par une rythmique syncopée qui donne furieusement des fourmis dans les jambes, vite suivie par des claps et tablas qui ne font qu'accentuer l'envie de danser comme un petit fou dans la pièce, le tout soutenu par une nappe très "ambient", lointaine et élimée, fatiguée comme un vieux Juno 6 qu'on aurait par mégarde laissé dehors un soir de septembre. Le track continue sa progression, des voix mystérieuses se greffent au tout puis la nappe se freeze et le morceau repart sans demander son reste... Dommage, une ou deux minutes supplémentaires n'auraient pas déparé, mais ne boudons pas notre plaisir, le track reste d'une qualité monstrueuse.

"Violet", dernier morceau de l'EP, est quand à lui le plus sombre, basé peu ou prou sur le même enchainement d'accords que "White", tout y est construit de basses... La classique bassline en square débarque en milieu de course, comme d'hab' le tout est irréprochable, les sonorités sont finement ciselées, et malgré le relatif classicisme du tout (on ne peut pas s'empêcher de penser à Carl Craig ou Moodyman), il est impossible de ne pas remarquer le travail d'orfèvre réalisé dans la sélection des tonalités et couleurs sonores, le placement à la milli-seconde des éléments rythmiques, clé de voute incontestée du tout. Un autre morceau qui passe vite, trop vite.

En bref, malgré un "2010" un chouilla faiblard, la face B vaut amplement le détour sans qu'il y ait besoin de se poser de questions quand à l'achat. Un prélude qui n'annonce que du bon. À posséder !

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Vinyl/Mp3/Wav (Delsin)
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Comments ( 3 )

Cool la pochette avec l'hôtel de Pyongyang.

http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4tel_Ryugyong

Merci Shore Lark. :-)

Ha okaayyyyyy, je me demandais ou j'avais déjà vu ce truc. Maintenant le titre 2010 prend du sens (enfin en quelque sorte, il devait pas être fini pour 2010 ce bâtiment ?). Belle pochette en tout cas, mais du coup je me demande si la peinture à gauche n'a pas aussi un sens...

R.(TSL)

Selon Wiki c'est 2012 pour le centenaire de la naissance de Kim Il-sung.

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