8.12.09

Autechre - Confield [warpcd128 / Warp Records 2001]

Autechre fait partit de ses groupes dont la musique est toujours difficile à décrire tant elle s’écarte des domaines connus et usités. Bah oui c’est compliqué de décrire quelque chose que l’on ne connait pas, que l’on ne peut pas complètement appréhender.
Confield est encore un cran au dessus, sur cet album là Autechre à tout réinventé, vous n’avez donc plus aucun repère sur lequel vous reposer.


Perso à l’écoute de cet album je suis toujours aussi incrédule, comment ont-ils fait pour créer de tels sons ? Et surtout comment ce fait-il que Confield presque 10 ans après sa sortie, n’ai toujours pas été percé à jour, cette musique sera-telle un jour vraiment comprise ?
Bref à l’écoute de cet album beaucoup de questions m’ont submergé, mais je retiendrais surtout l’incroyable expérience sonore vécue (on est quasiment dans la science là).

Tout commence avec
VI Scose Poise, pièce abstraite plutôt Ambient sur laquelle on entend ce que je décrirais comme des billes métalliques qui roulent et rebondissent sur un sol dur et gelé qui finit par fondre à force de frottements multiples et aléatoires. Laissant place à de minces flaques délicates et glaciales.
L’écoute se durcie sur
Cfern avec sa rythmique bancale et rude. A peine on commence à s’y faire que les éléments changent de place, les mélodies glauques et noires finissent d’achever le tableau.

Pen Expers fait lui aussi la part belle aux beats déstructurés. Les machines jettent leurs bras désarticulés en avant, transperçant nos tympans à coup de griffes acérées et malsaines. Chose incroyable on finit par être totalement aspiré dans ce KO et la matière sonore en devient presque palpable !

L’ambiance apocalyptique qui règne sur cet album est profondément dérangeante, c’est comme être plié en deux dans son fauteuil en regardant un thriller sauf qu’ici l’image est sonore et pénètre plus profondément vos entrailles. Parhelic Triangle est donc un moment de grande terreur, les hurlements lancinants des machines vous garderont éveillé pendant des nuits. Vous pensiez être débarrassé des cauchemars de votre enfance…

Vous êtes déjà à bout de force et voilà qu’arrive
Bine, bande son irréelle qui vous montre l’envers du décor, les viscères noires et difformes des machines sont exposées au grand jour, les battements irréguliers sont rapides et pour le moins inquiétants.
Uviol
fait retomber un peu la tension omniprésente, mais attention les grondements sournois se font toujours entendre. La nuit est plus noire que jamais, les étoiles semblent s’éloignées d’ici, ou peut être est ce nous qui nous enfonçons toujours plus loin dans ce trou noir sans fin…

Finalement Lentic Catachresis nous délivre dans un dernier sursaut. Vous pouvez reprendre votre respiration et lâchez les accoudoirs du fauteuil.

PS
: éloignez les enfants le plus possible de la source sonore, si les choses tournent mal je ne pourrais en aucun cas être tenu pour responsable…

A lire également : la chronique de Gottlob qui lui non plus ne s'en est toujours pas remis.

Autechre - Parhelic Triangle



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Comments ( 2 )

Écouter Autechre, c'est comme se trouver devant un mur. De l'autre côté de ce mur, il y a la lumière, mais on ne pourra jamais vraiment l'atteindre.

Bizarre ,étrange, spécial, c'est pas de la musique, comment définir un album d'apparence indéfinissable.
D'apparence seulement car les deux compères de Sheffiled ne créent pas seulement une musique d'apparence mais une musique de fond.
Avec Confield nous y sommes dans le fond, au fond d'une abime phonique dans laquelle l'on est poussé dès les premières notes de Vi Scose Poise.
Ce titre est l'avertissement, seul les auditeurs les plus valeureux pourront pénétrer dans cet album dérangeant.
Les morceaux suivant restent sur la même longueur d'onde, des bruits agressifs voir insoutenable avec une écoute prolongé.
Comme Tri Repetae, Confield est très pudique il ne se dévoile pas tout de suite, il faut d'abord qu'il s'habitue à vous puis il se montrera plus docile qu'il n'y parait.

Les critiques calomniant ce pauvre Confield n'ont pas su le comprendre et n'ont pas entrevu sa vraie nature.
En effet cet opus, à mon avis, n'est pas qu'un simple disque, qu'on écoute qu'on aime ou qu'on aime pas. Sean&Rob ont voulus explorer les derniers retranchements de la musique afin de proposer à l'auditeur leur propre définition.
Je le vois plutôt comme un meta-album.

A travers ce disque c'est l'essence même d'Autechre qui se manifeste, passer outres les premières impressions.

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