7.11.10

Can - Tago Mago [UAS 29 211/12 X / United Artists Records 1971]


Tago Mago à véritablement changé ma perception de la musique, c’est sans hésité l’album qui m’a le plus marqué, ma plus grosse claque c’est Can qui me l’a donnée.
Difficile donc de vous faire partager mon ressentis tellement c’est enfoui en moi.

Pour commencer Can est un groupe de rock allemand fondé en 1968, dès le début le groupe à choisit de jouer un rock psyché et progressif totalement barré. On est loin des Beatles donc.

L’enregistrement de l’album c’est fait d’une manière particulière. Holger Czukay le bassiste et chef d’orchestre du groupe à enregistré les longues jamsessions et à ensuite monté les morceaux, créant des structures hallucinantes et totalement novatrices.

Paperhouse ouvre l’album, la mélodie est lente et entêtante, très vite les guitares s’envolent et la rythmique s’accélère. Le jeu très répétitif du batteur est incroyable, ça part dans tout les sens, les montées sont spectaculaire et feraient danser les morts.
Mushroom est plus downtempo, Damo Suzuki crit et hurle au son des guitares et autres violons maltraités. Le morceau porte bien son nom, ce trip sous acid est… addictif !

Puis vient Oh Yeah, là encore tout est maîtrisé, le synthé joue de longues notes envoutantes, le rythme binaire est entrainant. A la moitié du morceau les guitares jusque là mesurées se lâchent enfin et l’on a droit à quelques solos de toute beauté portés par le génial batteur Jaki Liebezeit. Oh Yeah !!!

En trois morceaux on n’est déjà épuisé, tant de choses nouvelles à digérer, tout ici est une découverte.

C’est là que le groupe à décidé de vous assener un nouveau coup, celui qui vous laissera par terre. J’ai nommé Halleluhwah. Morceau de 18 minutes sans concessions qui ne laissera PERSONNE indemne.
Jaki Liebezeit délivre une rythmique binaire d’une régularité qui fait peur, notre homme était réputé pour être un véritable métronome. La ligne de basse gronde et bondie, Damo chante (crit plutôt) avec ses trippes. Irmin Schmidt injecte quelques sons chelou ça et là puis se met à jouer au synthé des notes saturées. On entend des percus sortis de nulle part, la batterie semble se dédoubler, tout ça dans les mains d’un seul homme. L’élément central du morceau est bel et bien la batterie, puissante et véloce, Liebezeit est un sorcier.
La structure du morceau est compliqué, ça monte ça descend sans jamais reproduire deux fois les mêmes motifs. Et pour cause, ce que vous écouter est l’enregistrement de longues improvisations studio sans aucun élément prévu à l’avance. C’est juste dingue de penser qu’un groupe puisse sortir un tel chef d’oeuvre comme ça d’un coup. Tout le long les rifs de guitares sont ahurissants, un régal. Le meilleur morceau rock de toute l’histoire sans aucun doute.

Aumgn (17min) et Peking O (11min) sont deux ovnis, le groupe s’affranchit de toutes limites et laisse place à l’exploration et l’expérimentation pure. Pas de mélodie à chercher ici. Les morceaux sont faits de collages en tout genre, percus, violons désaccordés, samples de voies indéfinissables (dans des langues tout droit sortient de leurs esprits tordus), cris, echos…
Les changements de rythmes sont incessants, ça me fait parfois pensé à Tortoise (morceau Djed notament).
C’est franchement flippant, une descente en enfer comme rarement j’en ai entendu.
Passionnant et totalement inattendu. A ne pas mettre entre toutes les oreilles. Un trip avant-gardiste qui touche au génie. Le groupe est totalement débridé, plus aucune barrière ne les arrêtent, on a vraiment le sentiment d’entendre les dernières notes de musique de l’humanité avant sa disparition. C’est tragique mais terriblement intriguant.

Comme un pied de nez, l’album se clôt (double, vous l’aurez compris vu la durée des morceaux) sur Bring Me Coffee or Tea, ballade aux accents folk bien plus facile d’écoute. Une sucrerie savoureuse qui sent bon l’orient, le sitar et les percus ni sont surement pas pour rien.

Fait remarquable, l’album a été enregistré sur un deux pistes, au vu du nombre d’instruments et de la complexité impensable des morceaux, vous visualisez surement le tour de force que ça représente.

Tago Mago est mystique, dense et insaisissable. Vous vous y perdrez sans cesse même après de longues heures d’écoute, ce disque est une source de mystère inépuisable.

Can - Paperhouse (live version, 1971)


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Can - Tago Mago [UAS 29 211/12 X / United Artists Records 1971]
(mirror)

Comments ( 3 )

bon on ne peut pas dire que cette chronique sent e l'objectivité totale !
mais c ton blog tu fais ce que tu veux, je suis moi même d'accord et fan de can et de ton blog très instructif et complet.
Merci pour ton travail à une prochaine

Oui je te l'accorde je suis plus que subjectif dans ma chronique, ce disque est tellement important pour moi qu'il m'est difficile d'en parler sans devenir hystérique ^^

Un disque incontournable, un monument, tout simplement.

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