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Monolake ‎– Ghosts [ML 026CD / Imbalance Computer Music 2012]


Robert Henke aka Monolake a toujours été dans une démarche presque scientifique, cherchant à manipuler la matière pour en extraire les particules élémentaires. Il travail donc sa musique en manipulant la matière sonore. C'est surement l'artiste électronique le plus pointu quand il s'agit de créer des textures et des fréquences sonores.

Il livre ici un album époustouflant, dense et intelligent. C'est un album de laboratoire, sortit tout droit des machines du maitre. Ghosts est l'album le plus expérimental de Monolake, il créer des atmosphères complexes fait de field recordings et de bruits inconnus.

La profondeur des sons donne le tournis, en l'écoutant au casque on on a véritablement le vertige. Les claquements tourbillonnent, les nappes vous transpercent et vous font frissonner. C'est quasiment un album de dark ambient, si ce n'est l'intégration d'une rythmique sinueuse et hachée. Là encore quand Monolake créer un beat il s'arrange pour qu'il soit insaisissable, c'est puissant et sec mais aucun élément ne reste en place bien longtemps.

Clairement Monolake a voulu raconter une histoire dans ce disque, une histoire de fantômes, comme ces sons que l'on entend furtivement. L'ambiance est sombre et angoissante.
La complexité des morceaux vient du fait qu'il ajoute une multitude sons les uns derrières les autres pour créer une histoire sans début ni fin. Il utilise rarement deux fois les mêmes sons sur cet album, il n'y a aucune boucle durable, tout glisse au fur et à mesure.
En fait on écoute ce disque comme on regarde un film, on ne sait jamais ce qu'il va se passer dans le prochain plan, c'est donc relativement accessible, juste que l'on peut être intimidé par ce soundscaping vertigineux et si maitrisé. On se demande comment il a pu élaborer seul ces labyrinthes sonores qui font froid dans le dos. Pfiou je n'ose imaginer les centaines (qui a dit milliers?) d'heures de travail qu'a dû abattre Henke !

Monolake vient de faire un pas de plus dans l'expérimentation électronique, vous pensiez avoir tout entendu, et bien non. Un des meilleur disque de Monolake, sans doute l'album le plus innovant depuis des années. Il prend des risques mais ils sait où il va.
Le genre de gars un peu taré mais qui connait son sujet. Finalement Monolake c'est un peu le Felix Baumgartner de l'électronique...
Assurément il rentrera lui aussi dans l’histoire avec ce disque. Un chef d’œuvre !

Monolake - "Phenomenon" by Ableton



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Monokle - Tesaurus [iD.053 / iD.EOLOGY 2009]


 

Le duo Russe Monokle nous a préparé un voyage dans les contrées figées de la Russie. De paisibles prairies balayées par le vent, propice à l'évasion.
Leur electronica touchant parfois au post-rock fait la par belle à l'expérimentation et la recherche de mélodies parfaites.

Bear and mug nous fait décoller doucement avec sa mélodie au piano appuyée par ses guitares entêtantes, on entre dans un monde cosy et détendu. Ici pas de stress, juste le calme.

Steppe suit sur la même voie, la guitare est superbe, les notes s'étirent à l'infini pour créer un véritable havre de paix, le genre de morceau d'ambient qui vous happe à la première note. C'est intense et magnifique, un des meilleurs que j'ai entendu dans le genre.

Mayya est mélancolique sans être triste, la guitare saturée se noue avec le synthé et nous embarque dans un envol aérien comme seul Tortoise sait le faire.
Monokle continue de nous promener sur Fir, les percussions lointaines battent la mesure avec gravité comme pour nous rappeler que cette ballade loin de tout peut s'arrêter à tout moment.

A l'ombre des montagnes bienveillantes, se cachent des vallées sombres et inanimées. Sur Nut brain l'atmosphère s’assombrie, le piano devient glacé, les guitares vrombissent sans jamais exploser. C'est juste beau.

Magic Go !sonne comme un accéléré d'une journée ensoleillée, le rythme est rapide et clair, les mélodies s'éparpillent en ritournelles joyeuses, là encore la bonne humeur communicative qui s'en dégage fait du bien !

Le voyage se termine, Transit nous emporte sur ses vagues d'ambient à la texture aérienne.

La force de Monokle est d'avoir sut condenser leurs idées sur des morceaux assez courts. On ne se lasse pas, les morceaux s'enchainent en gardant la même tonalité. Je dirais même que certains passages auraient mérités d'être rallongés de plusieurs minutes tellement c'est agréable.

Une pépite entre le chill-out le post rock et l'idm qui reste très facile d'écoute.


Monokle - Fir



Monokle - Tesaurus [iD.053 / iD.EOLOGY 2009]
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Bvdub ‎– Resistance Is Beautiful [DRL250 / Darla Records 2011]


Bvdub sort 3 ou 4 albums par an depuis plusieurs années, on a donc l’embarras du choix, les fans les plus assidus écouterons tout quand d'autres préfèrerons se pencher sur un ou deux albums. J'ai clairement tendance à devenir un collectionneur bien que je me force à me focaliser sur un ou deux albums par an. Car il y a toujours un disque qui sort du lot, sur lequel Bvdub a su tout réunir et souvent en allant vers une nouvelle direction.

Ici Resistance is Beautiful sort du lot, en 2011 notre homme a sortit 7 albums !
L'autre disque que j'ai gardé en 2011 était le premier sortit, le génial Tribes At The Temple Of Silence.

Sur Resistance Bvdub (Brock Van Wey de son vrai nom) a choisit d'intégrer plus de beats à sa musique, c'était déjà le cas sur une partie des albums en 2011 mais là il a trouvé selon moi l'équilibre parfait.

Son ambient music aérienne et mélancolique est toujours là, lui seul est capable de m'emporter dès la première nappe. C'est fragile, ça prend son temps, les textures s'entremêlent avec douceur, on en finit plus de planer. Dernièrement je parlais de Boards Of Canada et de leur capacité à créer une musique très fortement évocatrice, Bvdub me semble être une écoute du même acabit. C'est intense et fort en émotion.

What Happened to Us ouvre l'album, 17 minutes de bonheur. Le morceau prend le temps de mettre en place une atmosphère rêveuse et tournée vers nos souvenirs. Puis après 9 minutes, le beat s'immisce discrètement et donne un nouveau visage au morceau. Ça devient hypnotique, une expérience incroyable qui se termine par une fin de morceau d'une beauté à couper le souffle, les notes s'envolent, les nappes aériennes se calment pour laisser place à une ballade paisible.

Nothing like you et Gone Tomorrow sont un peu plus extravertis, les samples de voies si cher à Bvdub sont de retour soutenu par des nappes superbes.
Le beat est parfaitement intégré à ces textures contemplatives, on l'entend arriver progressivement et on se dit « ah finalement ça pouvait être encore plus beau » . L'apport du beat est une réussite, la couleur du son devient plus chaude, on est encore plus transporté par ce flow de mélodies superposées toujours arrangées avec justesse. Par moment certains accents deep house émergent, preuve que Brock sait aussi faire danser.

This is Why You'll Never Win est superbement construit, et on a le temps d’apprécier les lentes évolutions qu'apprécie Bvdub. La encore le beat est hyper travaillé et amené de manière intelligente, d'abord très épuré il devient de plus en plus entrainant et finit par devenir un hymne à la world music. Lent et inlassable, il nous drive frénétiquement dans cet amas de voies et de notes enivrantes. Epic !

Fall termine l'album sur un ton plus contemplatif, la rythmique est plus downtempo. Comme d'habitude la sortie est superbe et glisse doucement vers une ambient paisible pleine de souvenirs ensoleillés.

La musique de Bvdub est plutôt lente, même si ici le beat est présent ça reste de l'ambient donc pas toujours facile d'accès. Mais une fois qu'on lâche prise et qu'on laisse le temps faire son emprise alors on apprécie pleinement cette musique magnifique.





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Bvdub ‎– Resistance Is Beautiful [DRL250 / Darla Records 2011]
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Boards Of Canada ‎– Music Has The Right To Children [warpcd55 / Warp Records 1998]



En fait j'avais tout fait éviter de parler des albums de Boards of Canada ici. En effet, tout a été dit sur le duo écossais, tout le monde à déjà écouté leur musique. Et je prends pas de risque en disant que la plupart de ceux qui l'on écoutée l'on appréciée.
Je me débarrasse direct du fait établit que ce disque est clairement devenu une référence en ce qui concerne la musique électronique et au delà.

La première chose qui frappe à l'écoute de la musique du duo, c'est la couleur du son, typique des années 70's/80's, ces sons artificiels qui sont presque dissonants voir bancales, vraiment bizarre au premier abord. Tout ces sons ont été soit samplés soit récréés par le groupe à l'aide de vieux sytnhés/moog/analog stuff.

BoC a trouvé sa voie, un son unique qu'ils sont les seuls à l'époque à avoir exploré. Il y a une atmosphère étrange, les craquements et autres résidus analogiques apportent une impression de flashback vraiment omniprésente.

Ainsi le travail sur les textures est très important, l'album est dense et compact, tout s'enchaine avec brio. Les éléments d’électronique moderne sont astucieusement incrustés dans les beats parfois acérés, les détails fourmillent il y a peu de chance pour que vous entendiez tout ce qu'il y a à entendre dès la première écoute.

Autre élément important, les arrangements sont impressionnants de justesse. Les nappes cristallines venues des profondeurs de nos souvenirs sont déposées à la perfection sur un tapis de beats et de voies découpés.

Ici rien n'est agressif, les plages d'ambient revisitent une époque révolue grâce au son des moog et autres samples mystérieux. Pour preuve Kaini industries et aussi Bocuma, deux courts morceaux instrumentaux qui sont d'une puissance incroyable, jamais une musique n'avait été aussi évocatrice d'image/sensations, on « voit » presque la musique.

Parfois très simplistes, les morceaux ont pour but de nous hypnotiser pour nous immerger dans nos souvenirs d'enfance (thème principal de l'album) qui s'avèrent parfois inquiétants comme si quelque chose de malsain rodait dans ces méandres de souvenirs embrumés.

Cet album est remplit comme un œuf, chaque détail compte, chaque note évoque quelque chose de personnel, tout est parfaitement en place. Un tel travail de production c'est du jamais vu, les couches successives se superposent, des voies d'enfants émergent constamment, ça rend l'écoute presque psychédélique.
Un album universel.

Petit aparté. J'ai été passionné par la série Lost, et inconsciemment les vidéos de la Dharma Initiative (qui datent à peu près de la même période que celle évoquée dans l'album) m'ont toujours fait penser à Boards of Canada. Je serais curieux de savoir si d'autres ont eu cette même impression. Le visuel des vidéos et l'ambiance collent à la perfection à la musique de Boc, s'en est presque dérangeant à se demander si les créateurs de la série n'ont pas été influencés. La série peut être facilement comparée à la musique de Boc, les mystères sont omniprésents dans les deux, les flashbacks aussi évidement.

p.s. : ici je vous propose l'album réédité en 2004 sur lequel figure un track supplémentaire (Happy Cycling, track 18).



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Keith Worthy ‎– Emotional Content [A² 001 / Aesthetic Audio 2007]

  
Keith Worthy nous propose ici un ep intense et maitrisé. Il revisite à sa manière la detroit techno et la deep house qu'il aime tant.

Emotional Content plane sur des nappes cotonneuses et un beat qui entraine tout sur son passage. Le coucher du soleil vient de s'estomper sur l'horizon, l'air s'épaissit, vous pouvez lâcher prise, c'est Keith Worthy qui régale. Deep et délicat.

The Angry Edit est plus abrupte, son beat techno est puissant, les percussions sont amples. Le synthé joue ses longues notes à la texture voluptueuse. La encore une vraie réussite, l'atmosphère moite rappel le son de Detroit, la douceur des nappes façonnent cette deep techno de haut vol.

Song for Geli est plus downtempo, très chill out, sa ligne de basse puissante et ses volées de djembe sont tout ce qu'il y a de plus confortable et relaxant.


Keith Worthy - The Angry Edit


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Better Daze ‎– One Street Over [URCD017 / Ubiquity Records 1996]


Je ne connais pas du tout ce groupe, Better Daze. Duo américain composé d’Andrew Jervis et Paul Scriver. One Street Over est sortit en 96 en pleine période trip-hop/acid jazz/chill. Un disque de plus vous me direz.

Oui mais voilà il y a quelque chose de différent dans ce disque. Le duo s'est appliqué à insuffler une touche de jazz terriblement groovy dans tout ses morceaux. Qu'il s'agisse de drum n bass, de samba (oui!), de dub, de ballade mélancolique, il y toujours ce beat un peu plus appuyé, ce son typique de cette période qui ici est vraiment boosté.

La production est franchement parfaite sans être tape à l'oeil ça reste simple et efficace. Les arrangements sont au poil, il y a toujours un élément qui s'ajoute, un son qui s’immisce dans la partition pour vraiment apporter la finition inattendue.
Les éléments d'électronique sont utilisés avec parcimonie pour servir ce fameux acid jazz que Better Daze maitrise parfaitement. Les deux producteurs ont sortit tout les instruments qu'ils avaient sous la main, des percussions en veux tu en voilà, piano, saxo, basse, et d'autres inconnus. Ça donne une chaleur incroyable à leur son.

One street over diffère des autres albums dit trip-hop de l'époque, il se fait moins mélancolique et plus énergique même s’il y a toujours ces passages pleins de retenue. Il est vrai que les morceaux plus downtempo sont un peu plus traditionnels mais reste tout de même très bons.

Plusieurs morceaux sont franchement géniaux et donne la pêche, notamment : New Moon Mamba et sa samba endiablée, Son Of Batra et sa basse dubby monstrueuse, Stay Right There pour la touche orientale, Shimmering City pour son jazz rythmé.
Un vrai bon moment d'écoute (fort).

L'été se termine mais avec cet album on a du rab' !

Better Daze - New Moon Mamba



Better Daze - Modus Operandi


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The Fear Ratio - Light Box [BPLP3CD / Blueprint 2011]


The Fear Ratio, c'est le duo formé par Mark Broom et James Ruskin. Deux piliers de la techno anglaise.

L’album explore une techno expérimentale, ça regorge de textures sombres et froides. Le dubstep est revisité et transformé en une descente sinueuse dans les abysses d'une techno qui laisse seulement l’essentiel sortir des speakers.

L'idm est lui aussi abordé, la structure des morceaux est clairement expérimentale et la recherche des textures est omniprésente. Le savoir inégalé du duo est utilisé avec sagesse, tout y est léché et le résultat est étonnant.
Très mental et intimiste l'album est tout de même plutôt accessible, résumant avec brio l'idm des 90's en y alliant le modernisme d'une techno millimétrée.

Dans ma cdthèque je range celui-ci entre The Black Dog et Monolake. Un must have !




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The Fear Ratio - Light Box [BPLP3CD / Blueprint 2011]
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31.8.12 1 commentaires

Lassigue Bendthaus - Matter [LC 6770 / Parade Amoureuse 1991]




                                                                          Om
Uwe Schmidt est peut-être le compositeur électronique ayant le plus d'alias : les plus fameux sont Atom Heart, Lisa Carbon ou encore Senor Coconut mais aussi Lassigue Bendthaus. Ce dernier nom nous ramène aux années 90 ou se développait une scène électro-indus européenne innovante et prolifique allant du gothic à l'industriel... On retrouve d'ailleurs un peu cette palette condensée sur l'album Matter.
Lassigue Bendthaus sortait à mon avis du lot avec un son raffiné et talentueux, fluide et hypnotique relativement inégalé. Il est vrai que Uwe Schmidt a un véritable doigté dans la programmation musicale et que son esthétique allemande -d'alors- donne un son particulièrement sec et froid, voir clinique.
La voix courre parfois sur les lignes de basses avec des accents new-wave, des tracks plus instrumentaux ponctuent l'album et on a même un pic émotionnel de première qualité avec Lanternslide et sa chanteuse sonnant comme du Chris & Cosey de la meilleure heure... 
Un classique pour les fans d'électro et les autres…

    1.    Automotive
    2.    Circulat [hertz]
    3.    Transitory
    4.    Lanternslide
    5.    Mortal/Immortal
    6.    Rotation Mécanique
    7.    Velocity Life
    8.    Static
    9.    Inured (Pink Elln Mix)
    10.    Relate

LASSIGUE BENDTHAUS - Matter [LC 6770 / Parade Amoureuse 1991] 

 
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Gescom ‎– Keynell (AE Mixes) [wap 88 / Warp Records 1996]

 
Gescom reste l'un des groupes les plus mystérieux de la sphère IDM, personne ne sait vraiment qui se cache derrière ce projet. Le duo Autechre en fait partit mais également plusieurs autres artistes proches du duo. Sur chaque Ep les collaborateurs changent et l'on ne sait jamais à qui l'on doit tout ces merveilleux EP.

Au moins sur ce Keynell (Ae Mixes) on est donc sûr d'avoir à faire à Autechre. Le groupe que l'on soupçonne d'être le principal composteur de l'ep original décide ici de retravailler les morceaux pour délivrer deux remixes.

Le premier est sombre et crépusculaire. L'atmosphère est élaborée avec une justesse qui touche l'auditeur dès les premières secondes. Les basses sont bien présentes, les nappes ont un grain que seul Autechre est capable de produire, à la fois fragiles et inquiétantes. Les samples de voies taillées et vrillées semblent s'être échappées de l’étreinte froide et rugueuses des machines. Il se dégage de ce morceau une dramaturgie qui vous prend à la gorge, jamais je n'est entendu un son si mystérieux. Ce morceau est l'un des plus sombre d'Autechre. Un chef do'euvre.

Le second laisse entrer une pointe de lumière. Le son cristallin du synthé saupoudre quelques notes fragiles et mélancoliques. Comme pour contre balancer la douceur des notes, Autechre fait surgir un beat sec et mécanique plutôt simple. Le talent d'Autechre quand il s'agit d'arrangement et de recherche du son parfait est clairement à son apogée sur ce morceau.
Au fil du morceau les mélodies se superposent, le beat claque et craque invariablement, tout est en place, toutes les partitions de la symphonie jouent ensemble. Ce moment là est impossible à décrire il faut l'entendre pour y croire. Puis doucement le morceau ralentit, les nappes se retrouve seules sur scène et nous déposent doucement sur la terre ferme.

Ces deux morceaux sont pour moi à part dans la discographie d'Autechre. Ils ont quelque chose de spécial qu'Autechre n'a réussi qu'une fois à atteindre, un son unique qui semble presque vernir de l'au delà. Ce ne sont pas les plus connus du duo mais surement ceux qui se rapproche le plus d'une expérience presque transcendantale.

Cet EP se vit plus qu'il ne s'écoute.



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22.7.12 0 commentaires

LFO ‎– Sheath [WARPCD110 / Warp Records 2003]


En 2003 LFO revient après 7 ans d’absence. Mark Bell est désormais seul aux commandes. Pas d’inquiétudes à avoir, LFO is back et pas qu’un peu !

Mark Bell est un sorcier, maniant les machines comme personnes, un véritable génie. Cet album, Sheath a le cul entre deux chaises. D’un côté la nostalgie des 90’s _ acid bourrée de bleeps ravageurs, de l’autre il tend vers des sonorités nouvelles et futuristes. Certains diront que Bell n’a pas pris de risques d’autres qu’il redonne un coup de jeune monumental à cette bleep techno !

Blown introduit l’album, les mélodies aériennes et les nappes sont d’une beauté à couper le souffle! Le savoir faire de Bell en matière de composition pop électronique est indéniable.

La force de LFO a toujours été ce mélange de simplicité des mélodies et rudesse d’une techno acérée et violente. Là encore on retrouve ces orgies techno survitaminées qu’on a adoré sur les albums précédents. Acid is not dead !
Ainsi sur Mum-Man ou encore Mummy, I've Had An Accident on est étonné d’entendre cette techno froide et implacable qui nous rappel tant les grandes années de Warp. LFO fait du LFO, rien n’a bougé, on ne peut être que conquis devant une telle perfection ! Le son est le même et c’est carrément jouissif de retrouvé le LFO des grandes heures !

Le grand de moment de l’album est le monumental Freak. C’est là qu’on peut finalement se dire que Bell ne s’est pas reposé sur ses lauriers, il réussi à renouveler un genre oublié et met une claque à tout le monde.
Les boucles acides commencent doucement sur un rythme puissant et rêche. Puis au fur et à mesure tout s’amplifie, le beat s’emballe, les machines envoient des uppercuts ravageurs plein de cuts et de breaks. C’est la folie, rarement un morceau techno ne m’a paru si efficace. Les bleeps (sons brefs presque bruitistes, coupés et utilisés en tant que notes, procédé inventé par LFO sur l’album Frequencies) sont de retour !

Sheath alterne avec brio ces moments de chaos et les passages plus downtempo pleins de poésie. Je pense notamment à Sleepy Chicken, ballade futuriste portée par les infra basses qui nous enveloppent dans des nuages de nappes et de mélodies fragiles.
Moistly est plus ambigu, la ligne mélodique est clairement échappée de Frequencies (pour notre plus grand bonheur) mais la dynamique générale est très travaillée. Le beat est très marqué, presque bancale mais tient le coup et reste accroché à la mélodie pour la mettre en avant. C’est fin et intelligent.

Autre passage remarquable, le facétieux Monkeylips. Difficile de décrire cette musique, sorte de break-dance cosmique, trituré et froid. A la fois Bizarre et kiffant. Un régal pour les oreilles.
Mark bell sait tout faire et garde une très forte identité, immédiatement on sait qu’on écoute du LFO, c’est grandiose !



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22.7.12 0 commentaires

Alter Ego - Decoding The Hacker Myth (HartHouse / HH CD 016, 1996)


Om

Lors d'un retour à Paname, j'avais reloadé dans mon DDur quelques perles laissées sur place et quelle perle que ce "Decoding The Hacker Myth" d'Alter Ego. Sorti en 1996 sur le label Allemand HARTHOUSE, il vous re-plongera dans le son d'une époque. Des tracks down tempo - Trip-Hop inspirés d'AFX Twin, d'High Intelligence Agency et quant à moi j'entends aussi l'excellent trio danois FUTURE 3 datant de la même période (sur April rcds, à poster un jour absolument.) Le tout avec cependant une véritable authenticité technoïde et moody qui laisse l'auditeur dans un entre-deux subtil… Parfait pour un chill intelligent back into time...

    1.    Cyax Pt. 1
    2.    Cryonics
    3.    Brom
    4.    Mescal
    5.    Slacker
    6.    Alterism
    7.    Microshopping
    8.    Lycra
    9.    Telekinetik
    10.    Cyax Pt. 2
    11.    Lavender

Alter Ego - Decoding The Hacker Myth (HartHouse / HH CD 016, 1996)

21.7.12 0 commentaires

Various ‎– Objets D'art 92::95 [elec27cd - New Electronica 1996]


Cette compilation regroupe les meilleurs morceaux sortis sur le label Applied Rhythmic Technology (ART) durant sa première période entre et 91 et 95. Il a connu une longue période d’inactivité et a rebooté en 2006. 

Le label a pris forme sous la houlette de Kirk Degiorgio plus connu sous son pseudo As One. On assiste ici aux tout débuts de l'ambient techno, les premières brasses dans le bassin de l’expérimentation, naviguant constamment entre Detroit Techno, ambient et mélancolie. Le son sonne donc très Detroit Techno, le même son que sur les fameux albums Artificial Intelligence.  

Kirk Degiorgio est présent sous plusieurs pseudo, Future/Past , As One, Esoterik. Son morceau Clinically Inclined (Remix) est une merveille, une techno puissante et entrainante. Le suivant Amalia est plus mélancolique avec ses nappes mélodiques, les prémices de l'IDM sont là, dans le style on est pas loin d'un Aphex version SAW ou d'Autechre sur Amber. 

Puis vient le tour de Balil, moitié de The Black Dog et prémices du groupe Plaid. Là de suite on reconnait la patte du groupe, cette façon incroyable d'intégrer toutes sortes de sons exotiques, des rythmiques presque tribales et des breaks groovy. Sur le fameux Choke And Fly c'est époustouflant de maitrise ! 

 Carl Craig faisait aussi ses débuts sur le label Art. Oui je sais ça commence à faire un paquets de légendes réunis sur un disque ! 
Sous ses pseudo Psyche et BFC il manipule ses synthés (sa marque de fabrique est déjà bien présente) et délivre une ambient pleine de gravité comme venue de l'espace. Honnêtement pour moi ce ne sont pas ses meilleurs morceaux mais faut reconnaitre que ça reste très très bon. 

Le deuxième disque commence par trois tracks de Phenomyna (alias Stasis). Là encore c'est très influencé par Detroit. C'est remarquable le travail sur les textures et l’atmosphère, la façon de travailler les mélodies. Doucement un nouveau son nait, à force d'expérimentation et d'audace, la techno évolue et s'ouvre vers de nouvelles voies. 

A l'écoute de cette compile je me sens comme un archéologue qui défriche les premières évolution de la techno. J'ai vraiment l'impression d'écouter et de ressentir le processus de transformation en direct. 
Elegy (encore Kirk Degiorgio) continue d'inventé un son, sur Tone Poem il créer une techno aux accents house de chicago, deep et très downtempo. Le tempo est ralenti, le beat va et vient. Un très grand morceau ! 

Redcell (aka B12, bah oui encore un duo mythique sur ce disque!) ferme la marche avec une démonstration d'ambient techno made in uk. Plus rien n'a de place prédéfinie tout est en mouvement pour créer une electronic listenning music sophistiquée que Monolake ne renierai pas. 

Arf j'ai lâché le mot, electronic listenning music. Terme employé par Warp pour les Artificial Intelligence qui plus tard sera transformé en IDM (enfin on y est ^^). Car à la fin de l'écoute des deux disques de cette compile on finit par comprendre que cette musique pas tout à fait émancipée de ses racines américaine est en faite le début d'une vague que nous aimons tous, l'IDM. 

INDISPENSABLE !



Elegy - Tone Poem



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Various ‎– Objets D'art 92::95 [elec27cd - New Electronica 1996] [part1]
Various ‎– Objets D'art 92::95 [elec27cd - New Electronica 1996] [part2]

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[Part 1]
[Part 2]
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CiM – Reference [foc352cd / deFocus 2000]


Je vous avais déjà parlé de CiM sur la compile Did You See. On le retrouve pour un long format toujours sur le label deFocus (dont il était à la tête).

Simon Walley a un son bien à lui, il fabrique un idm mélancolique et simple. Les morceaux sont cours et ne s'étalent pas sur de longues minutes. Tout est dans l'instant, il trouve une mélodie souvent mélancolique et créer autour un univers calme et confortable fait de souvenirs et de pensées.

Pas besoin de passer par de longues intros, il va droit au but, tout de suite on est emporté dans cette electronica planante qui s'agrémente parfois d'accents deep presque venus de Detroit. CiM condense les émotions et est capable de nous les retransmettre sur un court lapse de temps, les morceaux sont courts (je ne parle pas de simples interludes hein, ils font en moyenne entre 2'00 et 4'00) et s'enchainent sans accrocs. On passe avec facilité d'une atmosphère à une autre. Les tours de passe-passe 'warpiens' sont géniaux, les tracks plus introspectifs regorgent de textures généreuses, bref tout y est.
Les morceaux ont été composés entre 1996 et 2000, le son est typique de cette époque et c'est justement pour ce fameux son que le blog a été créé... :)

Le disque est plus dense qu'il n'y parait, l'ambiance générale est très cohérente et nous immerge totalement. A l'écoute de cet album tout parait facile et couler de source, preuve que c'est une réussite.

Si je devais rapprocher ce disque d'une autre Reference (bah oui fallait que je la place), je dirais Icol Diston d'Arovane mais en plus ouvert et moins renfermé.

Un must have !

CiM - Cloud Cover


CiM - Blue Screen


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CiM – Reference [foc352cd / deFocus 2000]
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Autechre - Envane [WAP 89CD / Warp Records 1997]


  Autechre en 1997 a déjà sortit 3 albums (Incunabula, Amber et Tri Repetae), ils sont déjà devenus incontournables. Cette année là ils passent un cap, leur son évolue encore et leur production devient toujours plus incisive et complexe. Ils sortent donc cet Ep, Envane, en préambule à l'album Chiastic Slide qui viendra un mois plus tard.
Envane est souvent cité dans les meilleurs Eps du groupe, pour ma part c'est aussi le cas.

Tout commence avec Goz Quarter. La mélodie au son bizarre (pas d'autre mot), métallique et sèche, attire l'oreille. C'est minimaliste mais tout y est, le groupe maitrise à la perfection l'assèchement des mélodies pour ne garder que les notes essentielles. Quand vient le beat presque hip hop alors là c'est juste génial. Oui mais voilà c'est Autechre alors au bout d'un moment ça finit par dérailler et on adore ça ! La mélodie gentille du départ devient plus ample, les nappes superbes s'élance à leur tour. Les sons de scratchs et autre craquements ciselés remplissent l'espace. On est passé sans s'en rendre compte d'un abstract hip-hop vrillé à une expérience mélancolique venue tout droit de la science fiction. C'est le premier morceau et déjà on crie au génie.

Latent Quarter explore un terrain plus sombre, les sons clairs et stridents hurlent leur tristesse. Ici pas de point de repère, tout se désarticule sous l'assaut des machines, la rythmique ne reste jamais bien longtemps en place. L'ingéniosité du groupe m'épate à chaque fois. Le morceau finit doucement, les notes s'allongent, on ferme les yeux.

Laughing Quarter est un exemple parfait du style Autechre, indéfinissable. Drum sequence insensée, nappes glaciales avec ce grain si particulier qui fait qu'on hésite entre l'inquiétude et la mélancolie. Pffiou qu'est ce que c'est bien construit ! Tout y est parfait !

Draun Quarter est plus introspectif un peu à la manière de Tri Repetae. Un voyage au coeur d'un monde futuriste où la lumière artificielle fait office de soleil. Un morceau d'electronica comme seul Autechre en produit, froid et pourtant si mystérieux.

Autechre à toujours sortit ses Eps en duo avec les albums, un peu à la manière d'un parent-enfant. Or ici Envane est souvent considéré comme étant plus important que Chiastic Slide son "parent". L'atmosphère est si prenante et marquante qu'on a tendance à être obnubilé par l'ep sans s'intéresser à l'album. Sans doute est ce du aussi à la relative difficulté de l'album comparé à Envane.
Pourtant pour moi Chiastic Slide est superbe et dissèque encore la musique d'Envane pour révéler l'âme véritable qui se cache derrière tout ça.
Chiastic Slide ne se dévoile jamais tout à fait, ça en fait un album qui divise les opinions. Mais il est indispensable pour le comprendre, d'écouter Envane et inversement.


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Autechre - Envane [WAP 89CD / Warp Records 1997]
25.1.12 1 commentaires

Amorph - Aléas [U-COVER cdR 075 / U-COVER 2010]


L'IDM n'es pas un genre abandonné, Amorph compte bien là dessus. Nourrit par les classiques des 90's le son qu'il développe est donc dans la droite lignée des pionniers du genre.

Les mélodies au synthé sont vaporeuses et cristallines, pas de surprises à l'horizon mais après tout quand on aime on ne compte pas. De même que sa façon de travailler le beat qui est somme toute assez classique mais suffisamment élaborée pour ne pas nous abrutir.

Malgré le manque évident de prise de risque et d'innovation, le disque tire sa force de sa sobriété et de la justesse des émotions créées. L'album enchaine les ballades mélancoliques pleines de sérénité en utilisant des artifices bien connus du genre.
Qu'on se le dise l'IDM est un genre inépuisable, pour preuve sa recette originale est restée quasiment inchangée depuis de longues années et fait toujours mouche, à savoir : des nappes cristallines, des mélodies au synthé envoutantes, un beat plus ou moins complexe mais toujours très travaillé. Avec ça les artistes y ajoutent leur patte et modifient plus ou moins la structure primaire des morceaux, le résultat est toujours là et la musique continue d'explorer de nouveaux sons.

Bref, Aléas comblera sans mal vos soirées d'hiver. Après le froid et l'hyperactivité d'une journée de travail ce disque vous permettra de laisser votre esprit fatigué s'évader sans penser au lendemain.

Amorph - Another World


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Amorph - Aléas [U-COVER cdR 075 / U-COVER 2010]
18.1.12 0 commentaires

Video : Brandt Brauer Frick - Bop

Ces trois allemand utilisent leurs instruments de façon à en faire sortir les sons les plus improbables. Il en résulte une techno "acoustique" entrainante, mélange de jazz et de house.



Le morceau est dispo sur l'EP ici : Brandt Brauer Frick - Bop - Paino Shakur [TART011 / Tartelet Records 2010]
18.1.12 1 commentaires

Lucy - Wordplay For Working Bees [SACD001 / Stroboscopic Artefacts 2011]


Il aurait été difficile de passer à côté de ce disque tant il dénote complètement du reste des productions actuelles. Et pour cause, Lucy (un italien) à choisit de développer une techno expérimentale, entre dark ambient et minimale. Ce qui m'a frappé c'est la dureté du son, sans concession. C'est bien simple je n'avait plus entendu un son si froid depuis le mythique A Shocking Hobby de Speedy J.

Quel bonheur de pouvoir se plonger dans ces abysses glaciales sans aucun remords. Après tout la lumière n'est peut être pas indispensable...

Sur Tof les sons métalliques tournent et se vrilles, derrière chaque son on à l'impression qu'il s'y cache un monstre qui vous guette. Bein envoie une techno radicale surpuissante, les basses frémissent, les machines on pris le pouvoir et balancent leur cris au rythme d'une locomotive inarrêtable. De même pour Lav (un de mes morceaux préférés), avec sa rythmique découpée.

L'abstraction n'est jamais bien loin, sur Torul le désespoir est total, la texture caverneuse semble empêcher le beat de se libérer.
Es aussi est d'une beauté malsaine avec ses longues notes lancinantes et glaciales posées sur un amas de grondements glauque et inquiétants.

Le seul moment qui laisse entrevoir un filet de lumière est le morceau Mas. Longue plage d'ambient au rythme pulsé, hypnotique, presque deep.

La mélancolie fait sont apparition sur Ter qui nous plonge dans une sorte d'IDM dark qui vaut le détour.

Wordplay For Working Bees est un album à écouter au casque, la but premier n'est clairement pas de faire danser mais de causer à vos méninges. Tout ici est travaillé avec rigueur, l'ambiance générale du disque est époustouflante. Difficile de classer ce disque dans ma cdthèque, aux côtés de Speedy J ou de Vladislav Delay ? Arf, il aurait aussi sa place avec Planetary Assault Systems ou Shed...



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Lucy - Wordplay For Working Bees [SACD001 / Stroboscopic Artefacts 2011]