26.1.12 2 commentaires

Autechre - Envane [WAP 89CD / Warp Records 1997]


  Autechre en 1997 a déjà sortit 3 albums (Incunabula, Amber et Tri Repetae), ils sont déjà devenus incontournables. Cette année là ils passent un cap, leur son évolue encore et leur production devient toujours plus incisive et complexe. Ils sortent donc cet Ep, Envane, en préambule à l'album Chiastic Slide qui viendra un mois plus tard.
Envane est souvent cité dans les meilleurs Eps du groupe, pour ma part c'est aussi le cas.

Tout commence avec Goz Quarter. La mélodie au son bizarre (pas d'autre mot), métallique et sèche, attire l'oreille. C'est minimaliste mais tout y est, le groupe maitrise à la perfection l'assèchement des mélodies pour ne garder que les notes essentielles. Quand vient le beat presque hip hop alors là c'est juste génial. Oui mais voilà c'est Autechre alors au bout d'un moment ça finit par dérailler et on adore ça ! La mélodie gentille du départ devient plus ample, les nappes superbes s'élance à leur tour. Les sons de scratchs et autre craquements ciselés remplissent l'espace. On est passé sans s'en rendre compte d'un abstract hip-hop vrillé à une expérience mélancolique venue tout droit de la science fiction. C'est le premier morceau et déjà on crie au génie.

Latent Quarter explore un terrain plus sombre, les sons clairs et stridents hurlent leur tristesse. Ici pas de point de repère, tout se désarticule sous l'assaut des machines, la rythmique ne reste jamais bien longtemps en place. L'ingéniosité du groupe m'épate à chaque fois. Le morceau finit doucement, les notes s'allongent, on ferme les yeux.

Laughing Quarter est un exemple parfait du style Autechre, indéfinissable. Drum sequence insensée, nappes glaciales avec ce grain si particulier qui fait qu'on hésite entre l'inquiétude et la mélancolie. Pffiou qu'est ce que c'est bien construit ! Tout y est parfait !

Draun Quarter est plus introspectif un peu à la manière de Tri Repetae. Un voyage au coeur d'un monde futuriste où la lumière artificielle fait office de soleil. Un morceau d'electronica comme seul Autechre en produit, froid et pourtant si mystérieux.

Autechre à toujours sortit ses Eps en duo avec les albums, un peu à la manière d'un parent-enfant. Or ici Envane est souvent considéré comme étant plus important que Chiastic Slide son "parent". L'atmosphère est si prenante et marquante qu'on a tendance à être obnubilé par l'ep sans s'intéresser à l'album. Sans doute est ce du aussi à la relative difficulté de l'album comparé à Envane.
Pourtant pour moi Chiastic Slide est superbe et dissèque encore la musique d'Envane pour révéler l'âme véritable qui se cache derrière tout ça.
Chiastic Slide ne se dévoile jamais tout à fait, ça en fait un album qui divise les opinions. Mais il est indispensable pour le comprendre, d'écouter Envane et inversement.


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Autechre - Envane [WAP 89CD / Warp Records 1997]
25.1.12 1 commentaires

Amorph - Aléas [U-COVER cdR 075 / U-COVER 2010]


L'IDM n'es pas un genre abandonné, Amorph compte bien là dessus. Nourrit par les classiques des 90's le son qu'il développe est donc dans la droite lignée des pionniers du genre.

Les mélodies au synthé sont vaporeuses et cristallines, pas de surprises à l'horizon mais après tout quand on aime on ne compte pas. De même que sa façon de travailler le beat qui est somme toute assez classique mais suffisamment élaborée pour ne pas nous abrutir.

Malgré le manque évident de prise de risque et d'innovation, le disque tire sa force de sa sobriété et de la justesse des émotions créées. L'album enchaine les ballades mélancoliques pleines de sérénité en utilisant des artifices bien connus du genre.
Qu'on se le dise l'IDM est un genre inépuisable, pour preuve sa recette originale est restée quasiment inchangée depuis de longues années et fait toujours mouche, à savoir : des nappes cristallines, des mélodies au synthé envoutantes, un beat plus ou moins complexe mais toujours très travaillé. Avec ça les artistes y ajoutent leur patte et modifient plus ou moins la structure primaire des morceaux, le résultat est toujours là et la musique continue d'explorer de nouveaux sons.

Bref, Aléas comblera sans mal vos soirées d'hiver. Après le froid et l'hyperactivité d'une journée de travail ce disque vous permettra de laisser votre esprit fatigué s'évader sans penser au lendemain.

Amorph - Another World


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Amorph - Aléas [U-COVER cdR 075 / U-COVER 2010]
18.1.12 0 commentaires

Video : Brandt Brauer Frick - Bop

Ces trois allemand utilisent leurs instruments de façon à en faire sortir les sons les plus improbables. Il en résulte une techno "acoustique" entrainante, mélange de jazz et de house.



Le morceau est dispo sur l'EP ici : Brandt Brauer Frick - Bop - Paino Shakur [TART011 / Tartelet Records 2010]
18.1.12 1 commentaires

Lucy - Wordplay For Working Bees [SACD001 / Stroboscopic Artefacts 2011]


Il aurait été difficile de passer à côté de ce disque tant il dénote complètement du reste des productions actuelles. Et pour cause, Lucy (un italien) à choisit de développer une techno expérimentale, entre dark ambient et minimale. Ce qui m'a frappé c'est la dureté du son, sans concession. C'est bien simple je n'avait plus entendu un son si froid depuis le mythique A Shocking Hobby de Speedy J.

Quel bonheur de pouvoir se plonger dans ces abysses glaciales sans aucun remords. Après tout la lumière n'est peut être pas indispensable...

Sur Tof les sons métalliques tournent et se vrilles, derrière chaque son on à l'impression qu'il s'y cache un monstre qui vous guette. Bein envoie une techno radicale surpuissante, les basses frémissent, les machines on pris le pouvoir et balancent leur cris au rythme d'une locomotive inarrêtable. De même pour Lav (un de mes morceaux préférés), avec sa rythmique découpée.

L'abstraction n'est jamais bien loin, sur Torul le désespoir est total, la texture caverneuse semble empêcher le beat de se libérer.
Es aussi est d'une beauté malsaine avec ses longues notes lancinantes et glaciales posées sur un amas de grondements glauque et inquiétants.

Le seul moment qui laisse entrevoir un filet de lumière est le morceau Mas. Longue plage d'ambient au rythme pulsé, hypnotique, presque deep.

La mélancolie fait sont apparition sur Ter qui nous plonge dans une sorte d'IDM dark qui vaut le détour.

Wordplay For Working Bees est un album à écouter au casque, la but premier n'est clairement pas de faire danser mais de causer à vos méninges. Tout ici est travaillé avec rigueur, l'ambiance générale du disque est époustouflante. Difficile de classer ce disque dans ma cdthèque, aux côtés de Speedy J ou de Vladislav Delay ? Arf, il aurait aussi sa place avec Planetary Assault Systems ou Shed...



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Lucy - Wordplay For Working Bees [SACD001 / Stroboscopic Artefacts 2011]