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Lassigue Bendthaus - Matter [LC 6770 / Parade Amoureuse 1991]




                                                                          Om
Uwe Schmidt est peut-être le compositeur électronique ayant le plus d'alias : les plus fameux sont Atom Heart, Lisa Carbon ou encore Senor Coconut mais aussi Lassigue Bendthaus. Ce dernier nom nous ramène aux années 90 ou se développait une scène électro-indus européenne innovante et prolifique allant du gothic à l'industriel... On retrouve d'ailleurs un peu cette palette condensée sur l'album Matter.
Lassigue Bendthaus sortait à mon avis du lot avec un son raffiné et talentueux, fluide et hypnotique relativement inégalé. Il est vrai que Uwe Schmidt a un véritable doigté dans la programmation musicale et que son esthétique allemande -d'alors- donne un son particulièrement sec et froid, voir clinique.
La voix courre parfois sur les lignes de basses avec des accents new-wave, des tracks plus instrumentaux ponctuent l'album et on a même un pic émotionnel de première qualité avec Lanternslide et sa chanteuse sonnant comme du Chris & Cosey de la meilleure heure... 
Un classique pour les fans d'électro et les autres…

    1.    Automotive
    2.    Circulat [hertz]
    3.    Transitory
    4.    Lanternslide
    5.    Mortal/Immortal
    6.    Rotation Mécanique
    7.    Velocity Life
    8.    Static
    9.    Inured (Pink Elln Mix)
    10.    Relate

LASSIGUE BENDTHAUS - Matter [LC 6770 / Parade Amoureuse 1991] 

 
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Gescom ‎– Keynell (AE Mixes) [wap 88 / Warp Records 1996]

 
Gescom reste l'un des groupes les plus mystérieux de la sphère IDM, personne ne sait vraiment qui se cache derrière ce projet. Le duo Autechre en fait partit mais également plusieurs autres artistes proches du duo. Sur chaque Ep les collaborateurs changent et l'on ne sait jamais à qui l'on doit tout ces merveilleux EP.

Au moins sur ce Keynell (Ae Mixes) on est donc sûr d'avoir à faire à Autechre. Le groupe que l'on soupçonne d'être le principal composteur de l'ep original décide ici de retravailler les morceaux pour délivrer deux remixes.

Le premier est sombre et crépusculaire. L'atmosphère est élaborée avec une justesse qui touche l'auditeur dès les premières secondes. Les basses sont bien présentes, les nappes ont un grain que seul Autechre est capable de produire, à la fois fragiles et inquiétantes. Les samples de voies taillées et vrillées semblent s'être échappées de l’étreinte froide et rugueuses des machines. Il se dégage de ce morceau une dramaturgie qui vous prend à la gorge, jamais je n'est entendu un son si mystérieux. Ce morceau est l'un des plus sombre d'Autechre. Un chef do'euvre.

Le second laisse entrer une pointe de lumière. Le son cristallin du synthé saupoudre quelques notes fragiles et mélancoliques. Comme pour contre balancer la douceur des notes, Autechre fait surgir un beat sec et mécanique plutôt simple. Le talent d'Autechre quand il s'agit d'arrangement et de recherche du son parfait est clairement à son apogée sur ce morceau.
Au fil du morceau les mélodies se superposent, le beat claque et craque invariablement, tout est en place, toutes les partitions de la symphonie jouent ensemble. Ce moment là est impossible à décrire il faut l'entendre pour y croire. Puis doucement le morceau ralentit, les nappes se retrouve seules sur scène et nous déposent doucement sur la terre ferme.

Ces deux morceaux sont pour moi à part dans la discographie d'Autechre. Ils ont quelque chose de spécial qu'Autechre n'a réussi qu'une fois à atteindre, un son unique qui semble presque vernir de l'au delà. Ce ne sont pas les plus connus du duo mais surement ceux qui se rapproche le plus d'une expérience presque transcendantale.

Cet EP se vit plus qu'il ne s'écoute.



Gescom ‎– Keynell (AE Mixes) [wap 88 / Warp Records 1996]
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