26.9.12 0 commentaires

Bvdub ‎– Resistance Is Beautiful [DRL250 / Darla Records 2011]


Bvdub sort 3 ou 4 albums par an depuis plusieurs années, on a donc l’embarras du choix, les fans les plus assidus écouterons tout quand d'autres préfèrerons se pencher sur un ou deux albums. J'ai clairement tendance à devenir un collectionneur bien que je me force à me focaliser sur un ou deux albums par an. Car il y a toujours un disque qui sort du lot, sur lequel Bvdub a su tout réunir et souvent en allant vers une nouvelle direction.

Ici Resistance is Beautiful sort du lot, en 2011 notre homme a sortit 7 albums !
L'autre disque que j'ai gardé en 2011 était le premier sortit, le génial Tribes At The Temple Of Silence.

Sur Resistance Bvdub (Brock Van Wey de son vrai nom) a choisit d'intégrer plus de beats à sa musique, c'était déjà le cas sur une partie des albums en 2011 mais là il a trouvé selon moi l'équilibre parfait.

Son ambient music aérienne et mélancolique est toujours là, lui seul est capable de m'emporter dès la première nappe. C'est fragile, ça prend son temps, les textures s'entremêlent avec douceur, on en finit plus de planer. Dernièrement je parlais de Boards Of Canada et de leur capacité à créer une musique très fortement évocatrice, Bvdub me semble être une écoute du même acabit. C'est intense et fort en émotion.

What Happened to Us ouvre l'album, 17 minutes de bonheur. Le morceau prend le temps de mettre en place une atmosphère rêveuse et tournée vers nos souvenirs. Puis après 9 minutes, le beat s'immisce discrètement et donne un nouveau visage au morceau. Ça devient hypnotique, une expérience incroyable qui se termine par une fin de morceau d'une beauté à couper le souffle, les notes s'envolent, les nappes aériennes se calment pour laisser place à une ballade paisible.

Nothing like you et Gone Tomorrow sont un peu plus extravertis, les samples de voies si cher à Bvdub sont de retour soutenu par des nappes superbes.
Le beat est parfaitement intégré à ces textures contemplatives, on l'entend arriver progressivement et on se dit « ah finalement ça pouvait être encore plus beau » . L'apport du beat est une réussite, la couleur du son devient plus chaude, on est encore plus transporté par ce flow de mélodies superposées toujours arrangées avec justesse. Par moment certains accents deep house émergent, preuve que Brock sait aussi faire danser.

This is Why You'll Never Win est superbement construit, et on a le temps d’apprécier les lentes évolutions qu'apprécie Bvdub. La encore le beat est hyper travaillé et amené de manière intelligente, d'abord très épuré il devient de plus en plus entrainant et finit par devenir un hymne à la world music. Lent et inlassable, il nous drive frénétiquement dans cet amas de voies et de notes enivrantes. Epic !

Fall termine l'album sur un ton plus contemplatif, la rythmique est plus downtempo. Comme d'habitude la sortie est superbe et glisse doucement vers une ambient paisible pleine de souvenirs ensoleillés.

La musique de Bvdub est plutôt lente, même si ici le beat est présent ça reste de l'ambient donc pas toujours facile d'accès. Mais une fois qu'on lâche prise et qu'on laisse le temps faire son emprise alors on apprécie pleinement cette musique magnifique.





Acheter l'album

Bvdub ‎– Resistance Is Beautiful [DRL250 / Darla Records 2011]
mirror
16.9.12 0 commentaires

Boards Of Canada ‎– Music Has The Right To Children [warpcd55 / Warp Records 1998]



En fait j'avais tout fait éviter de parler des albums de Boards of Canada ici. En effet, tout a été dit sur le duo écossais, tout le monde à déjà écouté leur musique. Et je prends pas de risque en disant que la plupart de ceux qui l'on écoutée l'on appréciée.
Je me débarrasse direct du fait établit que ce disque est clairement devenu une référence en ce qui concerne la musique électronique et au delà.

La première chose qui frappe à l'écoute de la musique du duo, c'est la couleur du son, typique des années 70's/80's, ces sons artificiels qui sont presque dissonants voir bancales, vraiment bizarre au premier abord. Tout ces sons ont été soit samplés soit récréés par le groupe à l'aide de vieux sytnhés/moog/analog stuff.

BoC a trouvé sa voie, un son unique qu'ils sont les seuls à l'époque à avoir exploré. Il y a une atmosphère étrange, les craquements et autres résidus analogiques apportent une impression de flashback vraiment omniprésente.

Ainsi le travail sur les textures est très important, l'album est dense et compact, tout s'enchaine avec brio. Les éléments d’électronique moderne sont astucieusement incrustés dans les beats parfois acérés, les détails fourmillent il y a peu de chance pour que vous entendiez tout ce qu'il y a à entendre dès la première écoute.

Autre élément important, les arrangements sont impressionnants de justesse. Les nappes cristallines venues des profondeurs de nos souvenirs sont déposées à la perfection sur un tapis de beats et de voies découpés.

Ici rien n'est agressif, les plages d'ambient revisitent une époque révolue grâce au son des moog et autres samples mystérieux. Pour preuve Kaini industries et aussi Bocuma, deux courts morceaux instrumentaux qui sont d'une puissance incroyable, jamais une musique n'avait été aussi évocatrice d'image/sensations, on « voit » presque la musique.

Parfois très simplistes, les morceaux ont pour but de nous hypnotiser pour nous immerger dans nos souvenirs d'enfance (thème principal de l'album) qui s'avèrent parfois inquiétants comme si quelque chose de malsain rodait dans ces méandres de souvenirs embrumés.

Cet album est remplit comme un œuf, chaque détail compte, chaque note évoque quelque chose de personnel, tout est parfaitement en place. Un tel travail de production c'est du jamais vu, les couches successives se superposent, des voies d'enfants émergent constamment, ça rend l'écoute presque psychédélique.
Un album universel.

Petit aparté. J'ai été passionné par la série Lost, et inconsciemment les vidéos de la Dharma Initiative (qui datent à peu près de la même période que celle évoquée dans l'album) m'ont toujours fait penser à Boards of Canada. Je serais curieux de savoir si d'autres ont eu cette même impression. Le visuel des vidéos et l'ambiance collent à la perfection à la musique de Boc, s'en est presque dérangeant à se demander si les créateurs de la série n'ont pas été influencés. La série peut être facilement comparée à la musique de Boc, les mystères sont omniprésents dans les deux, les flashbacks aussi évidement.

p.s. : ici je vous propose l'album réédité en 2004 sur lequel figure un track supplémentaire (Happy Cycling, track 18).



Acheter l'album

Boards Of Canada ‎– Music Has The Right To Children [warpcd55 / Warp Records 1998]
mirror
9.9.12 3 commentaires

Keith Worthy ‎– Emotional Content [A² 001 / Aesthetic Audio 2007]

  
Keith Worthy nous propose ici un ep intense et maitrisé. Il revisite à sa manière la detroit techno et la deep house qu'il aime tant.

Emotional Content plane sur des nappes cotonneuses et un beat qui entraine tout sur son passage. Le coucher du soleil vient de s'estomper sur l'horizon, l'air s'épaissit, vous pouvez lâcher prise, c'est Keith Worthy qui régale. Deep et délicat.

The Angry Edit est plus abrupte, son beat techno est puissant, les percussions sont amples. Le synthé joue ses longues notes à la texture voluptueuse. La encore une vraie réussite, l'atmosphère moite rappel le son de Detroit, la douceur des nappes façonnent cette deep techno de haut vol.

Song for Geli est plus downtempo, très chill out, sa ligne de basse puissante et ses volées de djembe sont tout ce qu'il y a de plus confortable et relaxant.


Keith Worthy - The Angry Edit


Acheter l'album

Keith Worthy ‎– Emotional Content [A² 001 / Aesthetic Audio 2007]
mirror
5.9.12 0 commentaires

Better Daze ‎– One Street Over [URCD017 / Ubiquity Records 1996]


Je ne connais pas du tout ce groupe, Better Daze. Duo américain composé d’Andrew Jervis et Paul Scriver. One Street Over est sortit en 96 en pleine période trip-hop/acid jazz/chill. Un disque de plus vous me direz.

Oui mais voilà il y a quelque chose de différent dans ce disque. Le duo s'est appliqué à insuffler une touche de jazz terriblement groovy dans tout ses morceaux. Qu'il s'agisse de drum n bass, de samba (oui!), de dub, de ballade mélancolique, il y toujours ce beat un peu plus appuyé, ce son typique de cette période qui ici est vraiment boosté.

La production est franchement parfaite sans être tape à l'oeil ça reste simple et efficace. Les arrangements sont au poil, il y a toujours un élément qui s'ajoute, un son qui s’immisce dans la partition pour vraiment apporter la finition inattendue.
Les éléments d'électronique sont utilisés avec parcimonie pour servir ce fameux acid jazz que Better Daze maitrise parfaitement. Les deux producteurs ont sortit tout les instruments qu'ils avaient sous la main, des percussions en veux tu en voilà, piano, saxo, basse, et d'autres inconnus. Ça donne une chaleur incroyable à leur son.

One street over diffère des autres albums dit trip-hop de l'époque, il se fait moins mélancolique et plus énergique même s’il y a toujours ces passages pleins de retenue. Il est vrai que les morceaux plus downtempo sont un peu plus traditionnels mais reste tout de même très bons.

Plusieurs morceaux sont franchement géniaux et donne la pêche, notamment : New Moon Mamba et sa samba endiablée, Son Of Batra et sa basse dubby monstrueuse, Stay Right There pour la touche orientale, Shimmering City pour son jazz rythmé.
Un vrai bon moment d'écoute (fort).

L'été se termine mais avec cet album on a du rab' !

Better Daze - New Moon Mamba



Better Daze - Modus Operandi


Acheter l'album

Better Daze ‎– One Street Over [URCD017 / Ubiquity Records 1996]
mirror
4.9.12 0 commentaires

The Fear Ratio - Light Box [BPLP3CD / Blueprint 2011]


The Fear Ratio, c'est le duo formé par Mark Broom et James Ruskin. Deux piliers de la techno anglaise.

L’album explore une techno expérimentale, ça regorge de textures sombres et froides. Le dubstep est revisité et transformé en une descente sinueuse dans les abysses d'une techno qui laisse seulement l’essentiel sortir des speakers.

L'idm est lui aussi abordé, la structure des morceaux est clairement expérimentale et la recherche des textures est omniprésente. Le savoir inégalé du duo est utilisé avec sagesse, tout y est léché et le résultat est étonnant.
Très mental et intimiste l'album est tout de même plutôt accessible, résumant avec brio l'idm des 90's en y alliant le modernisme d'une techno millimétrée.

Dans ma cdthèque je range celui-ci entre The Black Dog et Monolake. Un must have !




Acheter l'album

The Fear Ratio - Light Box [BPLP3CD / Blueprint 2011]
Mirror